Histoires d’abeilles

D’où viennent les abeilles ? Comment leur histoire et celle des humains se sont-elles imbriquées ? En quoi sont-elles essentielles, pour l’homme comme pour la biodiversité ? Extraites de l’exposition “Histoires d’abeilles” proposée par le Domaine de Palogne, la Ville de Metz et les partenaires NOE-NOAH, 9 histoires d’abeilles vous donneront les réponses à ces questions et à bien d’autres encore… Intéressé.e pour accueillir l’exposition itinérante ? Les infos utiles se trouvent en bas de cet article !


Dans le cadre du projet Interreg NOE-NOAH, le Domaine de Palogne a créé en 2020 une exposition itinérante créée au Domaine de Palogne, avec le soutien du FEDER (Fond Européen de Développement Régional), de la Région wallonne, de la Province de Liège, et de la Fédération du Tourisme de la Province de Liège. Celle-ci est disponible en français et en néerlandais.

En 2021, la Ville de Metz a accueilli l’exposition, reformatée en français en 15 panneaux didactiques, et présentée dans l’Arche créative NOE-NOAH. L’exposition est à disposition de tous les acteurs désireux de faire de la pédagogie sur les abeilles et le rôle des pollinisateurs.

Cette exposition est un voyage de l’apiculture autrefois à la pratique apicole actuelle, durant lequel le public peut entrevoir les premières traces de la relation entre l’homme et l’abeille, recueillir des bribes de ce que fut l’apiculture au Moyen Âge et comprendre en quoi l’activité de pollinisation effectuée par l’abeille nous est essentielle.

Vous désirez accueillir l’exposition ? Contactez egaultier@mairie-metz.fr ou florine@palogne.be.

9 histoires d’abeilles

Le monde fascinant des abeilles vous surprendra à bien des égards !

DESCENDANTS DES GUÊPES

L’apparition des abeilles ne date pas d’hier. Il y a 135 millions d’années sont apparues les premières guêpes, alors insectivores. Au fil du temps, certaines guêpes ont changé de régime alimentaire et leur corps s’est adapté. Elles ont par exemple développé des poils spécifiquement utiles pour le transport du pollen. Quelques dizaines de milliers d’années plus tard, une partie d’entre elles sont progressivement devenues… des abeilles !

UNE DIVERSITÉ D’ESPÈCES REMARQUABLE

Il existe aujourd’hui plus de 20 000 espèces d’abeilles dans le monde ! Cette diversité est un bienfait pour l’homme et la nature, car chaque espèce a ses préférences quant aux fleurs qu’elle butine. L’espèce Apis mellifera est l’abeille à miel la plus connue en France et en Europe. Nombreuses sont toutefois les espèces qui ne vivent pas en groupe et ne fabriquent pas de miel. Ces dernières vivent et se débrouillent seules : on les appelle les abeilles solitaires. Vous vous posez peut-être la question où ces abeilles nichent, si ce n’est dans une ruche. En effet, leurs abris sont aussi variés que les espèces-mêmes : les abeilles solitaires nichent dans les murs de maisons, dans du sable, de la terre, du bois mort, des tiges creuses ou encore des fissures de rochers.

LE NECTAR : UN PRÉCIEUX TRÉSOR

Le nectar est l’aliment indispensable à la vie de l’abeille. Il est un liquide sucré que la petite butineuse aspire avec l’aide de sa trompe lorsqu’elle se pose sur les fleurs. Stocké dans son jabot, le nectar lui fournit toute l’énergie dont elle a besoin pour vivre. L’abeille mellifère, elle, va même plus loin. C’est à partir de ce nectar qu’elle va produire du miel ! Une fois de retour à la ruche, le nectar est entreposé dans les alvéoles. Il se transformera en miel au cours du temps grâce au travail d’une enzyme. Cette provision calorifique permettra à la colonie de se nourrir en hiver et lors de jours pluvieux. Pour fabriquer un kilo de miel, une abeille doit récolter le nectar contenu dans un millions de fleurs !

LA POLLINISATION, C’EST QUOI ?

La pollinisation est un élément clé de la reproduction des plantes. Elle s’effectue lorsque le pollen d’une fleur et transporté jusqu’au pistil d’une autre fleur. La pollinisation occasionne également un brassage génétique qui assure la grande diversité des plantes. Mais concrètement, en quoi ça nous concerne ? Si nous pouvons déguster de nombreux fruits et légumes (et tous les aliments qui en dépendent), c’est grâce aux pollinisateurs ! 70 % des végétaux dépendent de la pollinisation par les insectes. Sans les pollinisateurs, dont les abeilles, nous n’aurions tout simplement pas grand-chose à manger !

UN BIJOU DE TECHNOLOGIE NATURELLE

Regardons l’Apis mellifera de plus près… L’abeille à miel est munie de six pattes. Les deux pattes postérieures sont poilues et dotées de corbeilles bordées de longs cils recourbés. Observez les abeilles de plus près lors de votre prochaine promenade : Vous en trouverez sûrement une ou deux qui portent avec elles des petites boulettes jaunes. C’est le pollen qu’elles entassent sur leurs pattes arrière !

Contrairement à nous, les abeilles n’ont pas de poumons. Alors respirent-elles par des branchies, comme les poissons ? Pas tout à fait… Des petits trous, appelés spiracles, permettent à l’abeille d’aspirer de l’air dans des trachées à l’intérieur de son corps.

Pour mâcher le pollen ou façonner la cire avec laquelle elle construit les alvéoles de la ruche, l’abeille se sert de ses deux mandibules.

Son dard lui sert de défense lorsqu’elle se sent agressée. Il n’est toutefois utilisé qu’en dernier recours, car pour une abeille, piquer signifie mourir. Le saviez-vous ? Seules les femelles possèdent un dard !

Pour terminer, un fait qui vous surprendra sans aucun doute : L’abeille possède cinq yeux. Deux gros yeux sur les côtés de la tête, les yeux à facette, et trois petits, appelés ocelles au sommet du crâne.

L’HOMME ET L’ABEILLE – PREMIÈRES RÉCOLTES DE MIEL

Des peintures rupestres attestent les premières traces d’une récolte de miel à la préhistoire, il y a plus de 10 000 ans. L’apiculture, c’est-à-dire la construction de ruches et l’élevage organisé des abeilles, est attesté dans différentes civilisations anciennes il y a un peu plus de 4 500 ans. L’Égypte a livré de nombreux témoignages archéologiques, dont des représentations de scènes apicoles et des pots contenant du miel cristallisé. La cire était également utilisée par les Égyptiens dans les procédés de momification.

Les Égyptiens n’étaient cependant pas les seuls à pratiquer l’apiculture. Les découvertes archéologiques témoignent aussi de l’élevage d’abeilles dans les civilisations anciennes sumérienne, grecque et romaine. En Amérique, avant l’arrivée des colons, les Aztèques et les Mayas pratiquaient eux l’élevage d’abeilles mélipones, une autre espèce d’abeilles mellifère.

L’HOMME ET L’ABEILLE – L’APICULTURE AU MOYEN-ÂGE

Pas d’électricité, pas de sucre blanc, pas de sucre de canne. Impossible aujourd’hui à s’imaginer la vie sans ces éléments ! Au Moyen-Âge, l’apiculture était une activité importante car d’un côté le miel représentait la seule source de sucre disponible et de l’autre, la cire formait une source de lumière essentielle.

C’est par les anciens textes et illustrations que nous connaissons la présence de ruchers attachés aux domaines. Les familles riches ainsi que les monastères possédaient un bon nombre de ruches, alors qu’un paysan n’en possédait souvent que deux, quatre tout au plus.

L’HOMME ET L’ABEILLE – UNE HISTOIRE DE SYMBOLES

Dans de nombreuses civilisations antiques, l’abeilles mellifère était considérée comme un animal divin à cause du mystère qui entoura pendant des siècles sa reproduction. Consommé à la fois par les abeilles et les dieux, le miel était lui aussi sacré, alors synonyme de sagesse et la connaissance.

La communauté des ouvrières étant organisée autour d’un souverain auquel elles sont dévouées, la ruche fut un modèle exemplaire de monarchie. De nombreux courants et philosophies politiques – parfois bien différents – ont vu dans l’organisation des abeilles un idéal de fonctionnement… L’abeille a été ainsi tout à tour le symbole du pouvoir impérial, l’allégorie de la monarchie, de la république ou encore de la démocratie voir du libéralisme.

L’homme admire aujourd’hui encore la vie en collectivité des abeilles mellifères, régie par des castes et des rôles bien définis. La ruche symbolise ainsi un modèle d’harmonie et d’efficacité tandis que l’abeille incarne la travailleuse dévouée et désintéressée.

PROTÉGER LES INSECTES POLLINISATEURS

Les insectes sont peut-être des animaux discrets, mais ils sont indispensables pour l’équilibre des écosystèmes. Sans les insectes pollinisateurs, pas de fruits, pas de légumes, plus de reproduction pour la majorité des plantes de notre planète ! Nos pratiques agricoles toutefois, avec l’usage intensif de pesticides et une logique au service de la mécanisation, sont responsables de la chute incroyable des populations d’insectes.

Afin d’encourager la multiplication et la diversité d’insectes, la Ville de Metz favorise la reconversion d’espaces gazonnés à l’état de prairies sauvages. D’autres espaces sont ensemencés avec des espèces végétales appréciées des pollinisateurs, comme les abeilles domestiques et sauvages.

Ni les plantes ni les insectes ne sont nos ennemies… Apprendre à vivre avec eux nous ouvre, au contraire, les portes d’un monde durable et bien vivant !

Pour aller plus loin

Découvrez l’exposition en intégralité en téléchargeant ce fichier :

Pour assurer la médiation sur cette exposition, la Ville de Metz et le Domaine de Palogne ont développé des outils d’animation, à télécharger gratuitement :

  • un coloriage de la mascotte de l’exposition, pour créer une exposition participative avec les enfants (proposez leur de colorier les abeilles, et de dessiner les fleurs qui les nourrissent, la ruche qui les abrite…)
  • un quiz à l’attention des adolescents et des adultes, dont les réponses se trouvent dans l’exposition. Vous pouvez faire gagner un pot de miel fabriqué localement pour stimuler la participation !

Amis francophones, vous désirez accueillir l’exposition en français (composée de 16 panneaux roll ups de 85 x 200 mm) ? Contactez egaultier@mairie-metz.fr.

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