L’étude SESAME à Metz : quels arbres planter aujourd’hui pour les villes de demain ?

La ville de Metz a initié en 2017 le projet Sesame, visant à donner des recommendation quant aux choix des essences à planter. Le projet a permis d’identifier pour 85 espèces de végétaux (arbres, arbustes et plantes grimpantes) les services écologiques rendus, de même que les contraintes associées.

La ville de Metz, en partenariat avec le centre d’études et d’expertise public Cerema-Est et Metz Métropole, a initié en 2017 le projet Sesame (Services écosystémiques rendus par les arbres modulés selon l’espèce). Le projet se poursuit actuellement par une deuxième étude plus large qui devrait porter à 300 le nombre d’essences étudiées.

Sesame répond à une question cruciale : quels arbres pourront résister aux sécheresses et au réchauffement climatique dans le contexte de Metz ? La ville est un milieu difficile pour les arbres et les évolutions attendues du climat vont le rendre encore plus difficile dans les années à venir. L’étude a donc cherché à identifier des espèces adaptées au climat lorrain, aux conditions difficiles liées au milieu urbain, et aux évolutions du climat prévues.

Ce faisant, le projet Sesame veut sensibiliser à l’importance des solutions fondées sur la nature pour parvenir à une adaptation au réchauffement climatique pour les zones urbaines. 

L’arbre urbain : services rendus et contraintes associées

Les caractéristiques de 85 espèces de végétaux présents dans l’agglomération de Metz ont été examinées et catégorisées, d’une part selon les services rendus en termes

  • de lutte contre les îlots de chaleur urbains,
  • d’amélioration de la qualité de l’air,
  • de support de biodiversité et d’amélioration du cadre de vie,

et d’autre part selon les contraintes associées. Pami ces contraintes comptent les allergies et les contraintes physiques, comme les racines superficielles, les braches cassantes, les fruits toxiques, le dépôt de miellat, etc.

De fait, dans des conditions similaires de développement, tous les végétaux ne sont pas égaux entre eux : la morphologie de l’arbre, la structure de son houppier, de ses feuilles et de ses racines, son écologie ou son aspect le rendent intéressant vis-à-vis de certains services, mais pas tous. Un bouleau, par exemple, présente par son feuillage élégant et son tronc blanc de forts intérêts paysagers ou en termes de biodiversité. En revanche, il ne supporte pas la chaleur et n’offre que peu d’ombre de par la nature de son feuillage, et son pollen est allergisant.

Résultats

Des fiches techniques très concrètes, publiées en décembre 2019, accompagnent le rapport de l’étude Sesame. Celles-ci précisent pour chacune des 85 essences d’arbres les bénéfices en termes de qualité de l’air, de support de biodiversité, d’atténuation des îlots de chaleur et d’adaptation au changement climatique. Les risques allergiques ainsi que les contraintes physiques, telles que la taille ou le système racinaire, sont recencés sur une échelle allant de 1 à 10.

L’étude a également abouti à la finalisation d’un outil informatique, permettant la sélection des essences en fonction du paysage (alignement, square, parc…), des contraintes à éviter et des services attendus.

Le rapport final ainsi que les 85 « fiches-espèces » et l’applicatif informatique sont tous trois disponibles sur le site de la ville de Metz : metz.fr.

Transfert méthodologique au réseau Quattropole

L’étude complète a été proposée aux trois villes membres du Quattropole, Sarrebruck, Luxembourg et Trèves. De nombreuses autres grandes villes et métropoles, dont Paris, Lyon et Nantes, se sont montrées intéressées par une transposition de cette méthodologie à leur propre territoire.

2020-2022 : Poursuite de l’étude Sesame

Une seconde phase d’étude est en cours pour la période 2020-2022. Celle-ci se caractérise par l’augmentation du nombre d’espèces étudiées de 85 à minimum 250 espèces, de même que par l’étude d’autres services, comme la contribution des végétaux au cycle de l’eau et à l’infiltration des eaux pluviales, le maintien de la structure des sols et la fourniture de nourriture à l’Homme. L’étude actuellement en cours prend également en compte d’autres contraintes, telles que la croissance lente, le caractère épineux, les maladies ou les parasites. L’outil informatique se verra amélioré par la création d’un outil web. Enfin, Sesame II devrait s’ouvrir à d’autres régions et s’adapter à différents contextes climatiques.  

Espace test

Un « espace test » est actuellement situé à l’intersection des boulevards de Guyenne et Solidarité dans le quartier de Borny à Metz, sur un axe routier très fréquenté. Ce test a pour objectif d’évaluer l’impact des végétaux sur la qualité de l’air et la biodiversité, en se basant sur l’étude Sesame pour le choix des espèces. En effet, les plantations pourraient réduire jusqu’à 50 % les concentrations de polluants particulaires à l’intérieur des habitations.

Des analyses visant à mesurer les polluants de l’air et la biodiversité (inventaire des oiseaux, reptiles, insectes, chiroptères et autres mammifères) ont été réalisées avant la plantation des essences et se répèteront tous les 2 ans à compter de 2020. La comparaison des données permettra d’établir un diagnostic des bénéfices apportés par les plantations.

20 000 arbres d’ici 2030

Minimum 20 000 arbres d’ici 2030 ! C’est le nombre d’arbres et d’arbustes que la ville de Metz compte planter cette decennie, dans le cadre de son Plan clima. Les espèces seront choisies en fonction des résultats de l’étude. Mais quel que soit le projet de plantation, le mélange et la diversité des espèces sont une recommendation générale.

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